|
INTRODUCTION
Les retournements de situation à 180° représentent un exercice de style particulièrement périlleux dans le secteur informatique, même pour Microsoft qui risque gros en proposant sa plate-forme .NET.
Personne n'a oublié la position de leadership d'IBM sur le marché informatique jusqu'au milieu des années 1980, et son manque de réussite sur celui de la micro-informatique, au profit d'Intel et Microsoft. Si IBM a su conserver sa place sur le marché des mainframes sans trop de difficultés, il n'a clairement pas pu imposer ses solutions auprès des petites entreprises et du grand public.
Actuellement, la stratégie .NET de Microsoft constitue, elle aussi, une solution à un tout nouveau marché dont les maîtres mots sont compatibilité, distribution et Web. En fait, la plate-forme .NET ne représente rien de moins que la prochaine génération de logiciels et de services de la firme de Redmond, destinée au grand public et aux développeurs. Vous disposerez ainsi, à travers Internet, d'applications plus simples à exploiter et mieux personnalisées que vous pourrez intégrer aisément dans votre système informatique (réseau d'entreprise, PC…) ou d'autres appareils de plus en plus variés (téléphone mobile, Web TV, PDA, etc.).
Comme l'a déclaré Bill Gates en juin dernier lorsqu'il dévoilait sa stratégie .NET, l'objectif consiste à "parvenir à un Internet aux composants interchangeables, où les équipements et les services peuvent être regroupés dans des applications cohérentes contrôlées par les utilisateurs". Mais, pour atteindre un tel objectif, où la relation entre les applications et les systèmes d'exploitation devient beaucoup moins rigide, Microsoft va devoir développer une nouvelle architecture (.NET framework) dont la principale caractéristique réside dans l'intégration de langages et de protocoles non propriétaires, totalement ouverts, comme nous le verrons plus loin. Voilà ce qui s'appelle un retournement complet de situation, et qui comporte de nombreux risques.
|